Lors de la réunion du Conseil de Ligue du 13 janvier dernier, le président de la FFTT était présent. Il a prononcé une allocution dont nous vous prions de trouver ci-dessous le texte

Résultat de recherche d'images pour "dISCOURS"

Après avoir présenté ses meilleurs vœux à tous, Christian PALIERNE remercie Claude CHANTEREAU et tous les responsables de LAURA TT de l’accueillir pour cette première visite qu’il réalise dans son projet de « tournée des nouvelles ligues ».

Il indique que cette démarche est importante pour expliquer aux acteurs du TT les projets et fonctionnements de l’instance fédérale afin que tous soient informés et se sentent, à partir de là plus impliqués dans la vie fédérale.

Après un bref historique de son parcours personnel, tant professionnel que sportif, Christian PALIERNE développe son intervention autour de 3 grands thèmes.

  • La nécessité d’une fédération unitaire
  • Les problèmes de tarifs
  • Les problèmes de licenciation

 Pour le premier thème, Christian PALIERNE déplore le fait que les instances, tant régionales que départementales se trouvent très cloisonnées avec entre elles des fonctionnements souvent concurrentiels et trop rarement complémentaires. Ces disparités ont été d’autant plus mises en lumière avec les fusions des ligues.

A l’heure actuelle, la FFTT ne joue pas son rôle de fédération-mère, pouvant mener des projets, développant l’image du TT auprès du grand public comme peuvent le faire d’autres fédérations aux effectifs pourtant moins nombreux sur le papier. Elle est aussi rarement en mesure d’apporter son aide à des comités ou ligues désireux de porter des projets plus locaux allant dans le même sens, comme le font là encore d’autres fédérations qui établissent des conventions d’objectifs avec leurs instances déconcentrées. A partir de là, la FFTT n’apparaît plus comme une référence pour les acteurs du tennis de table des ligues et comités, alors que fondamentalement chaque élu est d’abord un représentant de la FFTT sur le territoire où il intervient. Il est important à l’heure actuelle de redéfinir les rôles des différents niveaux, de sectoriser les actions pour faire des économies de moyens, en ayant bien à l’esprit que toutes nos actions doivent au final permettre le développement des clubs.

 Pour le second thème, le système de tarification mis en place il y a une trentaine d’années donne à chaque instance la totale liberté de prélever des sommes sur les items fédéraux de façon non concertée. Cela a entraîné des situations de blocage au niveau fédéral, les responsables régionaux et départementaux lors de l’A.G., ou au sein même du comité directeur fédéral, faisant obstacle aux demandes d’augmentation des tarifs fédéraux afin en quelque sorte de « protéger leurs propres revenus ».

A l’heure actuelle, la FFTT gère un budget d’un peu plus de 5M, mais en baisse et qu’il convient de relativiser au regard de celui d’autres fédérations, aux effectifs moins nombreux qui disposent de sommes quasiment aussi élevées. Ces dernières leur permettent de se projeter sur des actions et de mettre en place des synergies alors que la FFTT en est actuellement à gérer au plus juste le fonctionnement général, avec de grosses difficultés pour envisager des actions d’envergure.

Le cas de la coupe du monde à Disneyland Paris est emblématique : les rencontres avec la société ont montré un intérêt partagé autour de valeurs proches (public familial, intérêt trans-générationnel), mais le budget de lancement a rencontré de grosses difficultés. Or, Christian PALIERNE a constaté que si la FFTT est capable de mettre sur la table une enveloppe conséquente, elle trouvera plus d’échos auprès de partenaires prêts à s’engager avec une fédération solide et volontaire plutôt que d’une apparaissant comme pauvre et limitée.

 Pour le troisième thème, Christian PALIERNE indique que toutes les fédérations délégataires sont confrontées au problème d’une baisse de la licenciation, particulièrement chez les compétiteurs. Au-delà de la concurrence normale entre les disciplines, la forte montée des sports « fun » et de la pratique sportive libre en sont sans doute les principales causes.

Cela prouve que notre offre n’est plus adaptée et que nous devons revoir nos compétitions, assouplir les fonctionnements pour un pratiquant sportif de plus en plus soucieux de se libérer de toute contrainte et obligation.

 Christian PALIERNE fait ensuite le point sur les forces et faiblesses de la FFTT actuellement.

La FFTT peut être très forte : le TT est un sport populaire, au bon sens du terme, que l’on peut pratiquer à tout âge, individuellement ou en famille. Il est possible de le pratiquer longtemps et il est tout à fait indiqué pour se conserver en bonne santé. Il repose donc sur des messages simples à faire passer : il se pratique partout, par tous, à tous âges, il est bon pour la santé et enfin (et surtout) il s’apprend dans les clubs.

L’avenir est incertain avec les évolutions des régions et le retrait annoncé du pouvoir politique :

  • Le nombre de CREPS qui était lié à chaque région va diminuer avec les services sportifs qu’ils représentaient comme lieux d’accueil pour les pôles régionaux et les actions (formations, organisations sportives) régionales.
  • Le nouvel exécutif français s’est prononcé pour plus d’autonomie pour les fédérations. Il faut bien sûr entendre par là que les aides vont diminuer. Toutefois, on peut s’attendre à ce que les diplômes fédéraux bénéficient en contrepartie d’une meilleure reconnaissance et il nous faut donc être prêt à nous investir dans ce domaine, à être plus professionnels.

 Une photo de notre « vitrine sportive » à ce jour montre un bon niveau en masculins mais pas en féminines, la faute probablement à un milieu encore très « macho » et la preuve qu’un gros travail est à faire auprès de nos dirigeants.

Le fait que des joueurs français se sont expatriés est une bonne chose car le système français est par certains côtés trop « confortable » alors que la compétition de haut niveau nécessite de s’affronter à la concurrence et de développer son autonomie pour faire face aux changements.

 Concernant le choix de Bernard BOUSIGUE comme DTN il précise qu’il ne s’agit pas d’une nomination de circonstance mais bien d’un choix réfléchi, effectué entre de nombreux candidats dont certains très « pointus », en faveur d’une personnalité qui connaît bien le tennis de table, tout en ayant évolué professionnellement dans d’autres milieux, donc capable de se remettre en question et de s’adapter aux changements de situations.

 Concernant le lancement de « SPID 2 », là encore, Christian PALIERNE déplore que la FFTT n’ait pas les moyens de remplacer l’actuel logiciel, qui a maintenant plus de 15 ans de bons et loyaux services, et qu’il doive repousser l’échéance à 2020 avec une période de tests en 2019-2020. Les finances ont encore constitué un point de blocage sur ce dossier et le sujet sera abordé lors du prochain Conseil fédéral.

 Pour conclure, Christian PALIERNE souligne le fait que le gros souci est le problème des finances. La FFTT doit se doter de moyens financiers lui permettant de mener une politique cohérente, de projets mettant en valeur l’image du TT tout en soutenant les acteurs sur le terrain que sont les ligues et comités au travers de conventions de développement. Il s’agit bien là de réaliser un fonctionnement sur le mode unitaire.

Pour cela, il est nécessaire de favoriser l’émergence de nouvelles compétences à la FFTT : des agents de développement, des spécialistes en marketing et en communication. Il faut élargir les domaines professionnels du siège fédéral pour apporter une aide à chaque département et région. La gestion d’une grande fédération nécessite des compétences professionnelles aussi diverses que complètes.

C’est pourquoi un groupe de travail sur l’harmonisation des tarifs vient d’être lancé, sous la responsabilité de Marion, Vayre, auquel vient s’ajouter la commission chargée de l’étude des états financiers des ligues et comités. Le principe est bien d’élaborer une politique tarifaire qui garantisse à la FFTT, aux ligues et aux comités un revenu  à partir de la licence et des prestations fédérales « génériques ».

Cette intervention terminée, Christian PALIERNE remercie l’auditoire pour son écoute et se déclare prêt à répondre à toute question.

 Jean Michel POULAT (président du comité de l’Isère) se déclare favorable aux éléments présentés, notamment sur le fait de bien définir quels sont les tâches et rôles de chacun et voir quels moyens mettre en face. N’existe-t-il pas un groupe de travail sur le sujet ? Pour lui, qui côtoie d’autres disciplines dans son activité de président de comité, il estime que le tennis de table travaille plutôt bien et n’a pas à rougir par rapport à d’autres disciplines.

Christian PALIERNE : oui, la réflexion sur la politique tarifaire va de pair avec la mise en perspective de la répartition et de la hiérarchisation des actions entre les échelons. C’est une dimension qui fait partie du groupe de travail sur les tarifs. Il s’agit toutefois d’un très gros travail de rupture à faire avec le fonctionnement actuel.

Jean Paul WEBER (président du comité Drôme-Ardèche) indique que dans son comité, les clubs ne sont pas favorables à la politique du comité, voire lui sont quasiment opposés. Il note que les clubs importants sont ceux qui emploient des professionnels. Est-il possible de développer sans pros ? Il fait part des difficultés pour avancer sur ce point car il a dû annuler très récemment une formation d’animateur, faute de candidats…

Sylvain FERRIERE (comité Rhône-Lyon) intervient pour expliquer qu’il y a nécessité d’une forte réflexion sur le sujet. En effet, le club dont il est président a joué le jeu de l’embauche dans une perspective de développement et se trouve confronté à de graves difficultés de gestion de personnel et de nombre d’adhérents qui baisse suite à un manque de dynamisme et de motivation. Cela engendre des conséquences sur l’emploi et des problèmes humains. Pour lui, le modèle économique de la professionnalisation du sport est à revoir car les clubs sont très isolés. Comment trouver les ressources ? Actuellement le COSMOS mène un audit sur le modèle économique et la structuration des clubs et ses conclusions sont très attendues. Il faut peut-être privilégier l’auto-entreprenariat qui permet de mieux s’adapter aux fluctuations conjoncturelles.

Christian PALIERNE : ces remarques sont intéressantes et peuvent apporter des éléments de réflexion dans ce domaine.

 Courrier de M. HATCHADOURIAN

Jean-Christophe COMYN donne lecture du courrier qu’il remet ensuite à Christian PALIERNE.

Christian PALIERNE : indique que la FFTT est bien consciente de la nécessité de s’ouvrir à de nouvelles pratiques et que c’est pour cela qu’elle a passé des conventions avec le ministère de la Défense et qu’elle est en discussion avec « ultimate ping » pour essayer d’intégrer des pratiques qui relèvent fondamentalement du TT dans notre fédération.